Urban Comics
  Supergirl #4
 

Histoire : Lex
Date de parution : Juin 2007


Résumé des épisodes précédents : Yelena Starrskaïa s’est envolée pour Boston dans l’espoir de rencontrer l’homme qui hante ses nuits : Clark Kent. Bien décidée à retrouver celui qui semble s’être évanoui dans la nature, elle se rend au Boston Herald où Clark travaille et y rencontre Pete Ross, un jeune pigiste avec qui elle se lie d’amitié. Mais un homme à la puissance incroyable l’attaque à ce moment même et l’entraîne dans un combat d’une rare violence. Un choix s’impose maintenant : sauver son ami que le monstre s’apprête à tuer ou le laisser mourir pour se préserver, elle, et les habitants de Boston de ses pouvoirs hors du commun ? Vous le saurez dans ce nouveau numéro de Urban Supergirl !

Le Boston Herald.
Un building de quarante-neuf étages en plein cœur de Boston, cerné de tout côtés par d’imposantes tours d’acier, aussi froides et inexpressives que des cheminées d’usine. Rivées vers les cieux tels des géantes de glace, elles ne prêtent aucune attention à leur petite sœur dorée dont les vitres luisantes reflètent les rayons de l’astre solaire naissant. Construite en mille-neuf cent quarante-trois par des ingénieurs aussi fous qu’innovateurs, cette dernière fut achevée en mille-neuf cent quarante-cinq, quelques mois avant la résolution du conflit mondial qui venait d’embraser l’Europe et l’ Asie, et inauguré par le vice-président Truman en personne. D’abord siège d’un conglomérat industriel, elle avait accueilli en mille-neuf cent soixante-quatre le Record American, l’un des ancêtres du Boston Herald qui y logeait encore aujourd’hui.

Aujourd’hui.
Sept heures et dix-huit minutes indique l’horloge qui surplombe les lettres d’or du célèbre quotidien bostonien. Les trottoirs sont déjà empruntés par les masses en costars-cravates qui se rendent à leur travail d’un pas pressé, les yeux rivés sur leurs montres. Dans cette marée grisâtre, une jeune femme blonde en jeans, une veste de base-ball sur les épaules, sort du lot. Elle observe de ses yeux bleutés la tour de verre devant elle, émerveillée par cette prouesse architecturale d’un autre temps. Après quelques minutes de contemplation, elle se décide à suivre les cohortes humaines et s’engouffre dans le hall de l’immeuble. Passée les portes, elle est plongée dans l’atmosphère du lieu qui la happe sans qu’elle puisse résister. Autour d’elle, des hommes et des femmes s’agitent, parlent, crient, injurient leurs collègues, se bousculent les uns les autres sans même y prêter attention. Les conversations et autres bruits de travail bourdonnent à ses oreilles tel un essaim de moustiques prêt à la dévorer.

A force de « pardon » et d’ « excusez-moi », elle finit par se frayer un chemin dans cette ruche urbaine pour gagner l’ascenseur dont les portes métalliques se referment déjà. Se précipitant, elle parvient à bloquer le processus mécanique et réussit l’exploit peu aisé de ne pas susciter la colère des irritables travailleurs matinaux. Une secousse légère et l’ascenseur commence son ascension vers les bureaux des journalistes, dix étages plus hauts. Elle sent l’impatience autour d’elle, ce sentiment propre à l’employé qui veut absolument arrivé à l’heure pour faire plaisir à son patron, dans le but peu avouable de marquer des points dans le choix des futurs rédacteurs en chef. Chacun plongé dans ses pensées, personne ne parlent, seuls les « ting » familiers des étages passés ponctuent le trajet. Personne ne se regarde, tout le monde s’ignore froidement, c’est l’univers du travail de masse ou personne ne se connaît, image même du capitalisme dénoncé quelques années plus tôt dans son pays, avant la chute du communisme et des illusions d’un avenir rouge ou l’égalité primerait avant toute chose.

Finalement, un « dong » raisonnant et une nouvelle secousse tire la foule de son immobilisme statuaire et les pieds se meuvent machinalement vers la sortie tandis que les conversations animées reprennent de plus belles. Fini les pensées, place au travail. A cet étage, l’atmosphère est plus détendu, plus agréable. Les gens sont toujours pressés et courent dans tout les sens mais elle sent une certaine convivialité chez ces journalistes passionnés qui tapotent les claviers de leurs ordinateurs ou boivent un café en regardant les écrans plats diffusant les informations des quatre coins du globe. Bousculée par une armée d’adolescents boutonneux en visite pour l’école, elle heurte sans le vouloir un bureau derrière elle.

-Bon sang mais vous pouvez pas faire attention, oui ?

Elle se retourne précipitamment pour s’excuser et découvre un rouquin à peine plus âgé qu’elle, qui la toise du regard, les sourcils froncés. Avec son Tee-shirt bleu ciel, son jean troué et son air rebelle, elle n’a pas de mal à comprendre qu’il est stagiaire ici. Normal qu’il soit à cran, il essaye de bien faire, de s’intégrer dans cette jungle urbaine aux dirigeants impitoyables qui n’hésitent pas à virer quelqu’un pour un oui ou pour un non. Finalement, le jeune homme se déride et murmure un « j’peux vous aider » à peine audible.

-Euh oui, je cherche un certain Clark Kent. Il travaille ici, je crois.
-Kent ? Connaît pas. Je vous es pris pour une nouvelle stagiaire.

Le ton avec lequel il a prononcé ces mots annonce sa déception, ce qui la touche particulièrement. Elle se reprend rapidement et répond :

-Je suis professeur dans un lycée pas très loin d’ici.
-Professeur ? Vous avez plutôt le profil de l’étudiante sexy de première année.
-Merci pour ce compliment, réplique t’elle en riant.

L’atmosphère se détend, le bruit autour d’eux s’estompe peu à peu. Le rouquin reprend la parole, moins gêné :

-Je peux peut être vous aider, je dois voir le rédacteur en chef dans deux minutes. Si votre Kent travaille dans ces bureaux, il le connaît forcément et vous n’aurez aucun mal à le trouver. Aux faits, vous vous appelez ?
-Yelena Starrskaïa, et vous ?
-Pete Ross.

Ses joues prenant une teinte rosée, Pete fait signe à Yelena de le suivre. Les deux jeunes gens percent la foule. Pete est assez efficace à ce jeu là et sait répliquer correctement à ceux qui protestent un peu trop vigoureusement. Finalement, ils débouchent sur une porte marquée au nom de Perry White. Après avoir toqué poliment, Pete tourne la poignée et pénètre dans le bureau du rédacteur en chef. Ce dernier, un quadragénaire dégarni, en pleine conversation téléphonique, fait signe au stagiaire de s’asseoir tout en continuant de quémander un délai pour une future parution. Après avoir juré un nombre incalculable de fois, Perry raccroche et daigne accorder un regard aux deux arrivants. Il dévisage Yelena presque violemment avant de demander à son pigiste :

-Ross, qui vous accompagne ?
-Euh… Et bien… Elle s’appelle Yelena Starrskaïa et…
-Je me fiche de son nom ! Qu’est-ce qu’elle fiche ici ?
-Je recherche… commence Yelena.
-Vous, je vous ai pas demandé de l’ouvrir, le coupe White. Ross ?
-Elle cherche un journaliste qui travaille ici et j’ai pensé que …
-Vous n’êtes pas payé à penser, Ross !
-Euh… Je ne suis pas payé tout cours, monsieur.
-Oh, arrêtez vos simagrées, voulez-vous ? Comment s’appelle ce journaliste ?
-Clark Kent, murmure Yelena, toujours dans son coin, visiblement exclue de la conversation.
-Kent ? Répète White en fronçant les sourcils. Ce foutu bon à rien de Kent ? Il doit être en train de se faire rôtir sur je ne sais quelle plage à Hawaï en se faisant masser par de jolies autochtones à moitié nues. A l’heure où on a le plus besoin de reporter sur le terrain, il me fait faux bon ! Mais pourquoi le cherchez-vous, il est de votre famille ?
-Et bien… en quelque sorte.

Que pouvait-elle répondre d’autre ? Elle savait qu’elle était liée de près ou de loin à Clark mais chacun de ses rêves ne lui apportait qu’un lot d’informations confuses qu’elle ne comprenait que rarement.

-Et il n’a pas laissé de numéro pour le joindre ? Finit-elle par demander après un silence.
-J’ai croisé ce type une ou deux fois depuis qu’il est là. Il est aussi bavard qu’une pierre tombale. Heureusement qu’il fait de bons articles ou croyez-moi, je l’aurais viré depuis longtemps. Mais j’y pense, vous pourriez aller voir dans son bureau, personne n’y a foutu les pieds depuis son départ, pas même moi. Peut être qu’il a laissé quelque chose. Ross ?
-Oui, monsieur ?
-Accompagnez la demoiselle au bureau de Kent. Il se trouve à gauche en sortant, tout au bout du couloir.
-Mais, et notre rendez-vous ?
-C’était pour vous dire que vous étiez viré mais vous pouvez peut être vous montrer utile à quelque chose, on sait jamais. Maintenant, du balais !

Aussitôt dit, aussitôt fait, Pete et Yelena disparaissent hors de la vue de l’ombrageux rédacteur. Une fois dehors, le pigiste soupire et dit à l’adresse de la jeune femme :

-J’aurez dû vous prévenir qu’il n’étais pas très… commode. Bon, suivez-moi, c’est par là.

Pete, dégrisé par l’annonce de son renvoi ajourné, désigne une allée à l’écart du cœur de la rédaction, loin du tumulte qui englobe la quasi totalité de l’étage. Yelena suit sans mot dire, scrutant étrangement les alentours, les sourcils légèrement froncés. Elle sent un picotement dans son dos, comme si quelqu’un l’observait. Bien sûr, hors de question de déclencher ses pouvoirs, ce serait bien trop risqué pour ceux qui l’entourent et un massacre accidentel est bien la dernière chose qu’elle souhaite. Elle se contente donc d’être sur le qui vive, se disant que ce n’est certainement rien de bien méchant.

-On est arrivé.

La voix de Pete la tire de son malaise. Le précédant de quelques pas, elle entre après lui et découvre une pièce plongée dans l’obscurité la plus totale. Pete toussote, gêné par le nuage de poussière qui l’assaille, puis cherche à tâtons l’interrupteur de la lampe sur le mur. Ne le trouvant pas, il décide d’explorer les lieux et s’aventure dans la pénombre, les mains en avant. Mais un obstacle inattendu en travers de sa route le fait basculer en avant, tête la première dans ce qui semble être… une poubelle. Un petit rire cristallin suivi d’un grésillement et la lumière inonde le bureau. Ce dernier n’est pas très grand mais à l’avantage d’être silencieux. Les murs d’un bleu défraîchi sont nus, en accord parfait avec la neutralité de l’endroit ; un bureau, des casiers, un porte-manteau et rien de plus. Pete se relève avec une moue déconfite sous l’œil rieur de son amie puis la rejoint en soupirant. « Drôle de journée » pense-t-il en observant la croupe de Yelena plongée dans les documents qu’elle vient de découvrir.

-C’est quoi ? Questionne-t-il en s’essayant sur la chaise devant lui.
-Des dossiers de presse, je crois. Toutes les feuilles sont remplies de notes. Il avait l’air d’être un travailleur acharné…
-…Et solitaire. Conclut-il en regardant autour de lui.
-Qui est Lois Lane ? Demande soudainement Yelena en découvrant ce nom sur une note laissée entre deux dossiers.
-Lois ? Elle était reporter.
-Était ?
-Oui, elle a démissionné il y a un mois. C’est bizarre d’ailleurs, elle semblait avoir la côte auprès du nouveau patron…

Il n’en faut pas plus pour que Yelena fasse le lien avec l’intervention de Superman d’il y a un mois. Elle interroge Pete précipitamment :

-Où était-elle il y a un mois ?
-Euh… à New York, pour une soirée ou un truc comme ça. Mais j’y pense, je crois que votre Clark y était allé aussi. Il est assez grand, brun, avec des lunettes ?
-Oui ! S’exclame Yelena avec un sourire.
-Si vous voulez, je peux me renseigner auprès de la rédaction pour en savoir un peu plus. Si je suis pas viré d’ici là bien entendu.

Yelena est sur le point de répliquer mais un cri étouffé, lointain et proche à la fois, comme murmuré à son oreille, l’interpelle. Elle interroge du regard Pete mais celui-ci ne semble rien avoir entendu. Soudain, un hurlement cette fois-ci bien distinct suivi d’une plainte métallique, la fait se lever. Pete a également entendu et fronce les sourcils. Yelena sent que quelque chose est en train de se passer, et ce dans cet immeuble. Quelque chose qui ne lui dit rien qui vaille et qui l’inquiète. Mais elle ne doit pas céder à la panique. Si elle perd le contrôle, elle tuera des innocents. Si elle se laisse submerger, tout sera perdu. Elle reste calme, donc, et sort du bureau. De nouveaux cris parviennent à ses oreilles. Cette fois, la situation est bien réelle, ce n’est pas une manifestation de son pouvoir, non, des gens sont en train de crier.

-Bon sang mais qu’est-ce qui se passe ? Murmure Pete à côté d’elle.

Il est inquiet lui aussi. Elle aimerait lui répondre que tout va bien, que ce n’est sûrement rien mais son instinct lui affirme le contraire. Elle avance dans l’allée, passe devant le bureau de Perry White et fait alors face à un spectacle qu’elle ne souhaitait jamais vivre. Un homme tient une jeune femme qui se débat par le cou et semble prêt à la tuer. Mais le pire c’est ce qu’il dit.

-Yelena Starrskaïa ! Où es-tu ? Si tu ne te montres pas, je la tue !

Les personnes autour de lui reculent apeurés, prêt à se précipiter vers les ascenseurs et les escaliers de secours. Yelena est paralysée. Elle a l’impression d’avoir reçu un coup sur la tête et fixe cet homme blond, hébétée. Enfin il la voit. Un sourire pervers se dessine sur ses lèvres. Pete a peur et lui murmure de fuir. Mais elle ne peut pas fuir, elle le sait. Alors elle avance vers le preneur d’otage, peu sûre d’elle, presque tremblante et s’arrête à quelques mètres de lui. Celui-ci l’interroge d’une voix rauque et puissante :

-Tu es Yelena Starrskaïa ?
-Relâchez cette femme, murmure t-elle.

Un craquement se fait alors entendre. Un craquement qu’elle n’oublierait jamais. La femme avait cessé de crier, sa tête pendait mollement contre sa poitrine. Elle était morte. Il l’avait tué d’une petite impulsion du pouce. Elle recule. Elle a peur. Peur d’utiliser ses pouvoirs et de déchaîner sa colère contre cet homme, colère qui se traduirait par une fin tragique. Elle est clouée sur place, tétanisée, ne sachant pas quoi faire. Comme elle aimerait fuir, courir au loin, disparaître à jamais. Mais impossible de bouger. Il est là, devant elle, jubile de la voir souffrir, lâche le cadavre entre ses mains qui tombe comme une poupée de chiffon puis fait craquer ses phalanges. Il la regarde droit dans les yeux et déclare d’un ton cynique :

-Je suis ici pour te tuer.





Commentaires sur cette page:
Commentaire de Carlos, 29/03/2012, 15 03 40 (UTC):
I dunno why Jared went with Urban as opposed to other noitpos. I do know that the obvious association names based on just bike polo have been taken by older or existing international grass game groups. USBPA, BPofAA, etc.I personally agree that it's unnecessary and misleading. In Chicago where we play both grass and hardcourt, we just say bike polo and list a location. The surface is implied. We say Little Beirut to refer to a rule set, not a court.How about we drop the polo all together and start calling it Bike Hockey ? Unless the country club association is one you guys are counting on for social legitimacy.



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