Urban Comics
  Eots #6
 

Histoire : Ben Wawe
Date de parution : Novembre 2005

« Je vais vous donner plus de fil à retordre que vous ne le pensez, Eots…
- Vraiment ? »

Un sourire s’afficha sur le visage du colosse rouge et bleu qui avançait lentement vers Rudy Jones, impassible. Chris, quand à lui, tentait de bouger sur sa sorte de croix, pour se libérer de ses liens, et fuir, même si il était désormais sûr que le super héros de Washington allait le sauver.

« Et qu’est-ce qui te fait croire que tu puisses n’oser que me toucher ? Qu’est-ce qui te fait croire que tu pourras survivre à cette heure ? »

La voix d’Eots était vraiment changée. Alors qu’avant, le héros de la capitale américaine parlait toujours d’une voix calme, posée et douce, là, la colère, la rage et presque l’indignation étaient palpables dans chacune de ses paroles tandis qu’il s’approchait encore plus de celui qui avait failli tuer le jeune Stown quelques secondes auparavant.

« Ce qui me fait croire cela, monsieur Eots ? Ceci… »

Jones enleva alors les lunettes noires qu’il portait depuis le réveil de Chris. Celui-ci ne pu pas voir ce qu’il y avait, ne voyant que le dos de l’assassin, mais ce qu’il avait dans son champ de vision était…était innommable…
Eots, celui qui n’avait jamais été vaincu, celui qui avait toujours protégé la ville…Eots, celui qui n’avait jamais connu la défaite, celui qui avait toujours été là pour sauver les innocents et punir les criminels…Eots, celui que l’on réputait invincible, celui qui avait des pouvoirs défiant l’imagination…Eots était à terre…

Un étrange rayon violet sortait apparemment des deux yeux de Rudy Jones, et enserrait le héros, qui avaient les genoux à terre et semblait souffrir le martyre. Soudain, alors que la scène durant depuis quelques instants…un rire fou et sadique sortit de la gorge de l’assassin tandis que Eots semblait s’affaiblir d’instant en instant.

« Alalala…belle ironie, n’est-ce pas ? Vous, Eots, vous étiez venu me voir pour me tuer, certainement pour la première fois de votre vie…et moi, le grand assassin Rudy Jones, simple humain, arrive à vaincre le protecteur de Washington la première fois qu’il veut violer son code d’honneur…j’adore, ça…
- Que…qu’est-ce…que tu…me…fais ? »

Le héros avait dit cela avec difficulté, comme si chaque geste, chaque pensée, chaque parole était un effort intense. De l’autre côté, Jones semblait devenir plus grand d’instant en instant…

« J’aspire vos pouvoirs, monsieur Eots. C’est ma capacité. Depuis tout petit, je sais que si je laisse mes yeux sans protection, un étrange rayon en sort et capte la personne la plus proche de moi, pour voler ses souvenirs, son caractère, ses capacités…longtemps, cela fut ma malédiction. Mais j’ai trouvé qu’une simple paire de lunettes de soleil empêchait le phénomène de se créer, donc j’ai depuis commencé à vivre.
Bien sûr, vu ce que je pouvais faire, je savais que je n’aurais pas ma place dans la société. Trop étrange, trop monstrueux pour le moment, même si j’ai depuis rencontré d’autres êtres comme moi. Et puis…et puis, j’ai toujours aimé tuer. Je suis donc devenu tueur. Et là, je dois vous tuer. »

Jones s’approcha plus d’Eots et s’accroupit devant lui, ce qui accéléra le phénomène et fit encore plus souffrir le héros, toujours entouré d’une étrange aura d’énergie violette.

« Vous vous demandez sûrement pourquoi je dis tout cela ? Pourquoi je me conduis comme un vieux savant fou qui dit tout au héros avant que celui-ci ne se sauve et mette à bas les plans du vilain ? Je vais vous le dire…tout simplement parce que vous ne survivrez pas. Ni vous, ni le gosse. Je sens déjà votre force, votre pouvoir venir en moi. Et je vous viderais jusqu’à ce que vous ne soyez plus qu’une enveloppe vide. Et après, je tuerais le gosse. Et je deviendrais le plus grand tueur de la planète avec vos capacités. C’est pas génial ? »

Jones donna un coup de poing à Eots, qui tomba violemment à terre. Chris, lui, tentait toujours de s’en sortir, mais il n’y arrivait pas : les liens en métal étaient trop durs, trop forts pour que l’adolescent puisse s’en libérer. Il était condamné à voir son héros, son idole (même si il avait perdu quelques illusions sur le protecteur de la ville, au fond de lui il avait toujours espéré qu’il soit innocent et que tout ne soit qu’une sombre machination de ses ennemis) périr face à un « simple » tueur à gages…

« Alala…dire que tu as failli me surprendre, avant…j’oublie le vouvoiement, d’accord ? Tu n’es plus qu’une larve, donc je ne vois plus l’intérêt de te témoigner du respect… »

Rudy donna un coup de pied dans le ventre de Eots alors que les larmes venaient lentement aux yeux de Chris. Lui qui avait tant douté de son héros, lui qui s’était posé tant de questions…il regrettait tant cela…son héros, son idole, celui qu’il aurait voulu pour…père, à la place du lâche qu’il avait pour ce rôle…cet être courageux, noble et fort…il était venu…pour lui…et il allait mourir…par sa faute…

« Oui, tu as failli me surprendre…tu aurais pu m’avoir si tu m’avais tué dès ton entrée…mais tu n’es pas un tueur…tu n’as jamais tué…et c’est ta perte. C’est pour cela que dans le monde réel, les méchants gagnent et…
- Tu te trompes. »

En un clin d’œil, Eots fut debout. A la grande surprise de Jones et de Chris, sa diction était parfaite et il ne semblait plus du tout faible, malgré l’aura violette qui était toujours autour de lui. Un sourire un peu pervers s’afficha alors sur son visage.

« Tu te trompes quand tu dis que j’étais vaincu. Tu absorbes mes pouvoirs, sale parasite, mais mes pouvoirs se rechargent à chaque seconde. Tu te trompes quand tu dis que tu vas nous tuer, car tu n’en auras pas le temps. Et tu te trompes quand tu dis que je n’ai jamais tué…
- Hein ? Mais…mais tu ne l’as jamais fais !
- Et tu crois encore ce qu’on dit à la télé ? Crétin… »

La voix de Eots était maintenant froide et effrayante. On aurait dit un serpent qui parlait tandis qu’il enserrait doucement sa proie…et c’était ce qui arrivait…Jones ne contrôlait plus rien, et Chris était totalement choqué par ce qu’il voyait et entendait…son héros…son idole…celui qu’il aimait plus que son père…semblait changé…différent.
Plus fort, plus dur, plus méchant, Eots semblait devenu quelque chose d’autre, quelque chose de plus mauvais…comment était-ce possible ? Comment avait-il pu devenir cette chose si étrange et si différente de ce qu’on connaissait de lui ? Le jeune Stown ne comprenait pas, toujours attaché…

« Tu es vraiment un crétin…
- Mais…
- Ta gueule. »

Eots sourit étrangement et planta son bras dans le ventre de Jones, qui hurla. Il hurla d’un cri horrible, inhumain presque…le protecteur de Washington semblait jubiler tandis que son ennemi criait toujours, pleurait de douleur sous le choc horrible du poing droit du « héros » dans son ventre…du sang dégoulinait lentement sur le sol…l’odeur putride des organes internes écrasés vint alors à Chris, qui réprima son envie de vomir pourtant extrêmement forte…

Tout cela devenait très difficile pour le jeune homme. Imaginez un peu : il doutait de son héros, il le voyait venir à son secours, il changeait d’avis sur lui, et découvrait qu’en fait Eots était un tueur, et qu’il était en train de massacrer un assassin…certes, Jones méritait de mourir pour ses victimes et ce qu’il avait voulu faire au jeune Stown mais…mais si Eots avait mentit en disant n’avoir jamais tué, pourquoi n’aurait-il pas menti pour autre chose ?

« Aaaaaaaaaaaaaaaarghhhhhh !!! »

Le cri de mort, d’agonie de Jones fut horrible à entendre pour Chris. Un immense flash lumineux explosa aux yeux du jeune homme, et il ne vit avant de perdre temporairement la vue un sourire pervers et joyeux d’Eots…son héros, son idole…souriait…il…prenait du plaisir…à tuer…

De longs instants passèrent ainsi. Chris était seul, dans l’obscurité…il ne voyait rien, et ne pouvait qu’utiliser le reste de ses sens qui ne lui disaient que si peu de choses…
Son odorat lui renvoyait une senteur de brûlé, qui venait apparemment du corps de Jones…mais qu’est-ce que ça voulait dire ? Eots l’avait brûlé de l’intérieur ? Etait-ce possible ?
Son ouïe lui disait vaguement que quelques flammes semblaient brûler çà et là, mais pourquoi ? L’assassin avait brûlé ? Ou bien sa mort avait fait qu’il avait explosé ? Mais pourquoi ? Etait-il un de ces mutants dont on entendait parler parfois dans les ruelles ?
Le jeune Stown ne pouvait répondre à ces questions…

Soudain, le jeune homme entendit les pas d’Eots, et sentit alors la respiration de son sauveur au-dessus de lui. Il était à quelques centimètres de lui…qu’allait-il faire ? Chris l’avait vu tuer, alors qu’il disait partout ne jamais le faire…et il avait dit à Jones qu’il avait déjà prit la vie de quelqu’un…logiquement, l’adolescent était devenu une menace pour le « héros »…allait-il le tuer aussi ? Ca aurait été la réaction logique…

« Chris… »

La voix d’Eots était changée. L’adolescent semblait la connaître…oui, il la connaissait…mais comment ? Ce n’était pas celle qu’il avait habituellement, ce n’était pas celle que tout le monde connaissait…c’était…c’était la voix de l’homme qui était Eots…et le jeune homme connaissait cet homme !

« Chris…nous avons à parler…fils… »






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