Urban Comics
  Episode 6
 
Histoire : P'tit Lu
Date de parution : Juillet 2005


Dossier : Diana Forward, une femme blanche de 42 ans et ses deux enfants – Charles, 10 ans, et Olivia, 13 ans – ont été retrouvés morts dans leur appartement du 24b, Garden Street, New York. Le rapport d’autopsie a établi la mort de Charles et Olivia à 03h00 par strangulation, tandis que Diana est morte à 03h30 des suites d’une blessure à l’arme blanche ayant provoqué une hémorragie interne. Longueur de la lame : 12 cm. Test spermicide : positif. Traces de commotions au niveau des avant-bras laissant penser à des traces corporelles de lutte au cours d’un viol. Une vidéo trouvée dans l’appartement de l’ancien mari, Alexander Steinberg, au cours d’une perquisition, montre les scènes du crime et le dit Alexander Steinberg commettant les crimes sus décrits. Il a avoué les trois crimes lors de l’interrogatoire.
Dossier en instance de jugement.
Chargés de l’enquête : les inspecteurs de police Joshua Rockwell et Samantha Harris.



Tribunal de Manhattan
Mercredi 18 mai

Le tribunal donnait salle comble, le nombre de dossiers à juger frôlait le jamais vu ; cependant, on ne condamnait personne aujourd’hui, les différents partis de chaque dossier présentait la liste de leurs pièces à conviction et des témoins qu’ils appelleront à la barre.
- Dossier 1351-X, annonça le greffier d’une voix claire et forte. Etat de New York contre Alexander Steinberg.
Le juge Grayson saisit ses lunettes et jeta un œil au dossier qu’on venait de lui transmettre. L’accusé et son avocat étaient assis au premier rang à la droite de la salle, tandis que l’avocate du bureau du procureur chargée de l’Accusation – une femme rousse d’une trentaine d’année – était sur le banc à la gauche.
- Alors, qu’avons-nous là ? demanda le juge.
- Triple homicide, monsieur le juge, annonça Emma Doris l’avocate de l’Accusation, dont deux sur mineurs de moins de quinze ans. Monsieur Steinberg a avoué avoir…
- Maître Doris, la coupa l’avocat de Steinberg en se levant, je m’excuse de vous interrompre, mais je veux vous éviter un discours de votre cru qui serait inutile.
- Maître Powell, comment osez-vous… ?! répliqua-t-elle, choquée.
- Un tel manque d’égard m’étonne de votre part, maître Powell, dit le juge. Puis-je en connaître la raison ou est-ce une impolitesse gratuite ?
- Je m’excuse encore une fois auprès de l’Accusation, ajouta l’avocat d’un sourire satisfait, mais je voudrais proposer à monsieur le juge de clore le dossier sans aller plus avant.
Emma ne put s’empêcher de pousser une exclamation d’étonnement et de satisfaction : Powell n’était pas un débutant, mais il avait pourtant commis une erreur stupide en demandant de clore ce dossier avec les preuves et les aveux qui désignaient son client. Il perdait toute crédibilité auprès du juge, celui-ci n’allait pas être tendre et Emma imaginait déjà la tête déconfite de Powell dans le journal à cause du fiasco qu’il avait lui-même provoqué. La presse non plus n’allait pas être tendre.
- Et puis-je savoir pourquoi ? ricana le juge Grayson. Ce dossier m’a l’air bien rempli.
- Bien entendu, continua-t-il avec ce satané sourire triomphant. Vice de procédure, monsieur le juge. Puis-je annoncer dès maintenant à mon client qu’il est libre ?



Commissariat du 14eme district de New York
Jeudi 19 mai

L’inspecteur Rockwell dévisageait le gamin derrière la vitre de la salle de garde à vue. Il ne devait pas avoir plus de 13 ans et se trouvait déjà du mauvais côté de la table : Rockwell l’avait soupçonné d’avoir tiré sur une vieille dame trois jours plus tôt, mais après interrogatoire une évidence s’imposait, ce gosse dealait mais n’avait rien à voir avec les coups de feu. Son dossier allait être transféré chez les Stups, ils étaient les mieux adaptés pour s’occuper d’une petite affaire de drogue.
La porte de la salle contiguë à la salle de garde à vue s’ouvrit et le commissaire Norman passa sa tête au travers.
- Rockwell, dit-il d’une voix fatiguée mais autoritaire. Dans mon bureau, immédiatement.
Une minute plus tard, il entra dans le bureau rempli de dossiers bien classés du commissaire et le trouva assis dans son fauteuil, derrière son bureau ; à côté de lui, debout, se tenait une femme droite, 35 ans environ, les cheveux roux bouclés longs jusqu’aux épaules et aux yeux verts et vifs. Son tailleur lui donnait un air autoritaire.
- Que se passe-t-il, commissaire ? commença à s’inquiéter le lieutenant de 27 ans.
- Rockwell, je vous présente Maître Emma Doris, avocate au bureau du procureur. Apparemment il y a un problème au sujet de l’une des affaires dont vous vous êtes occupé il y a quelques semaines.
- Un problème ? Quelle affaire ?
Emma Doris avança de quelques pas vers lui et plongea son regard en colère dans le sien.
- Si je vous ai pas encore flanqué une claque, c’est parce que je vous laisse le bénéfice du doute : êtes-vous un bleu ou simplement un incompétent ?!
- Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ?!
- Maître Doris fait allusion au triple meurtre dans le Queens. L’ex-mari qui a tué sa femme et ses gosses et qui a filmé les meurtres pour le plaisir.
- Je m’en souviens, j’étais sur l’affaire avec Harris. Une affaire vite réglée, on a trouvé une vidéo du meurtre dans l’appart du mec. Les aveux ont suivi rapidement.
- Et vous avez arrêté l’enquête ! l’accusa-t-elle.
- Evidemment, se défendit Rockwell. C’est quand même largement suffisant devant un tribunal, que je sache !
Il espérait de l’aide venant de son supérieur, mais celui-ci ne lui jeta qu’un regard fatigué. La colère dans les yeux de l’avocate ne retombait pas.
- Oui, c’est suffisant, sauf qu’on n’a plus ni l’un, ni l’autre !
Elle ramassa deux papiers sur le bureau et les tendit au lieutenant qui les examina.
- Voici une photocopie de votre rapport concernant la perquisition chez Steinberg, et une autre du mandat de perquisition. Regardez les dates, Rockwell. Regardez les dates ! D’après votre rapport, vous avez fait la perquisition la veille de recevoir le mandat !
- C’est… impossible, bredouilla-t-il. On a fait la perquisition dès le mandat entre nos mains. Il y a forcément une erreur sur le mandat…
- Ou dans votre rapport, acquiesça Doris. Je me fous à qui revient la faute, il y a irrégularité dans la perquisition et le juge a été obligé de ne pas tenir compte des pièces à conviction relevées dans l’appartement de Steinberg.
- La cassette… !
- Rayée de la liste des pièces à conviction, elle ne pourra pas intervenir dans ce dossier. Bien entendu, étant donné que c’était la seule preuve contre son client, Powell a vivement conseillé à Steinberg de revenir sur ses aveux. On n’a plus rien, inspecteur Rockwell ! Le procès va commencer dans une semaine et on n’a aucune preuve de sa culpabilité !
Rockwell poussa un soupir. Le commissaire intervint :
- Mes hommes enquêteront en priorité sur cette affaire, maître. Nous trouverons d’autres pièces à conviction prouvant la culpabilité de Steinberg.
- Bien sûr, mais Powell va tirer profit de la situation : les preuves contre son client sont tellement abstraites que l’enquête de la police est faite en parallèle du procès ? Je vais perdre toute crédibilité auprès du jury.
- Steinberg est déjà libre, je suppose ? demanda Rockwell.
- Non, j’ai des relations dans ce milieu. Sa caution a été décidée et sûrement déjà versée, mais la libération de Steinberg va mettre un peu de temps après qu’un papier indispensable ait mystérieusement été « égaré » pendant un jour ou deux. On a quarante-huit heures avant qu’il ne soit libre et détruise toutes les preuves qui pourraient le faire inculper. Parce qu’il va le faire, croyez-en mon expérience, et alors là on n’aura vraiment plus rien contre lui.
- Vous oubliez que le dossier est en instance de jugement, lui fit remarquer l’inspecteur. Il nous faut l’aval du juge pour perquisitionner ou pour d’autres choses, et il ne nous l’accordera jamais pour une affaire en cours de jugement.
- Vous l’avez, lui répondit-elle du tac au tac. Le juge Grayson m’a accordé cette faveur. Le procès commence dans une semaine, alors faites moi plaisir pour une fois : faites votre boulot, sinon rien n’empêchera ce cinglé de recommencer à tuer.



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Commentaire de Teresa, 30/03/2012, 03 03 28 (UTC):
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