Urban Comics
  Teen Titans #7 : L'épouvantail
 
Histoire : Lex
Date de parution :
Janvier 2007

Qui est-il ? D’où vient-il ? Il ne le sait pas . Lorsqu’il fut abandonné, il n’avait que quelques mois . Ses parents l’avaient laissé devant la grille de l’orphelinat, un jour de pluie selon la directrice . Celle-ci avait recueilli le bébé à la peau verte, plus par charité que par amour, ça c’était sûr . Entre quatre murs, il avait vécu toute son enfance, prisonnier, mis à l’écart comme un lépreux . Parfois derrière les barreaux que la directrice avait fait installer aux fenêtres, Garfield apercevait les autres enfants jouer dans la grande cour entourée de peupliers . Combien de fois Garfield aurait souhaité être comme les autres ne serrait-ce pour pouvoir jouer au base-ball avec ses camarades et pour avoir l’occasion de s’adresser à des autres personnes qu’à la maussade directrice . Celle-ci savait très bien qu’elle ne pourrait pas garder Garfield indéfiniment mais avait peur de lui, peur qu’il se venge sur elle, peur qu’il l’attaque, elle et les autres enfants . Parfois la peur fait faire des choses vraiment stupides aux hommes . Qu’allait-il faire aux autres enfants ? Les dévorer ?

-Tu viens, Garfield ?

Garfield s’arrêta d’écrire et hocha la tête pour répondre . Dick l’hébergeait depuis trois jours . Son tuteur n’en savait rien . Les trois quart du temps, il était saoul ou endormi selon Dick . Lui aussi n’avait pas eut une enfance facile . Ses deux parents étaient décédés à la suite d’un accident de cirque et il avait été élevé dans un quartier difficile par un homme qui était plus souvent au pub du coin de la rue que chez lui . Malgré tout, Dick restait quelqu’un de sympathique, prêt à aider . Victor était assez différent . Le noir américain était d’une froideur parfois désagréable, était souvent de mauvaise humeur et sortait des vannes pas drôles . Lui aussi vivait sous le même toit que les deux autres garçons pour une raison obscure . Peut être était-il SDF ? En tout cas, il possédait, comme lui, d’étranges pouvoirs . Il avait une force surhumaine et pouvait détruire un mur d’un seul coup de poing . Lui aussi en était capable lorsqu’il se transformait en rhinocéros . Il arrivait plus ou moins bien à contrôler ses transformations bien qu’il lui soit arriver en faisant un cauchemar, de se transformer en serpent . Ces transformations avaient débutés il y avait de cela six mois environ .

Il y a six mois, Garfield était encore en cage . Il venait d’avoir quatorze ans en janvier . Anniversaire où, comme d’habitude, il ne reçut rien, pas même une friandise, rien . Ce jours là, comme à son habitude, la directrice l’avait traité avec mépris . Mais Garfield ne supportait plus cette vie, cloîtré dans une chambre et ayant pour seul loisir la télévision et l’écriture . Non, ça ne pouvait put durer comme ça . Il aurait tellement aimé être un serpent pour pouvoir se faufiler à travers les barreaux de sa cellule et partir loin d’ici, vers un pays lointain où tous serraient libres et égaux . La nuit, il avait rêvé qu’il était un serpent et qu’il s’enroulait autour des barreaux . Lorsqu’il s’était réveillé, trempé de sueur, la directrice se trouvait devant lui, l’air horrifié . Il ne savait pas ce qui s’était passé mais en tout cas, il ne fallait pas compter sur la directrice pour le savoir . Deux jours plus tard, elle fit murer les fenêtres .

La rue était calme en ce dimanche de novembre . La chaleur de l’été s’était évanouie vers fin septembre, laissant place à un temps obscur avec beaucoup de pluie . Puis le froid avait succédé à la pluie . Un froid glacial et sans surprise . Garfield marchait encadrés par Dick et Victor, des bonnets noirs sur la tête et des vestes chaudes sur les épaules . Dick avait décidé de retrouver la trace de Jonathan, le mutant à l’apparence étrange qui courrait vite . Mais personne dans le quartier ne semblait l’avoir vu ou croisé ou en tout les cas, refusait de parler malgré l’air menaçant de Victor . Garfield n’avait aucune idée de où pouvait se trouver Jonathan . C’était le chef du groupe des mutants de l’immeuble et Garfield ne le voyait pas souvent . Il l’avait toujours trouvé bizarre bien que sympathique, mais toujours inquiétant . Oui, Jonathan faisait peur . Soudain, un latino vêtu d’un pull noir et d’un jean taille basse accompagné d’un bonnet gris l’interrompit dans ses pensées . Il s’adressa à Dick en essayant de ne pas regarder Garfield dont la peau verte lui fichait la trouille .

-Il paraît que vous cherchez l’un de ces types . Les mutants . Moi je l’ai vu et je sais où il se cache . Il est vraiment fllipant c’te type . Il fait trop péfllie, ce mec .

Le latino nommé José Fillipe les entraîna dans des ruelles sinueuses qui semblaient s’enfoncer dans les entrailles de Bayview .

Le quatuor s’arrêta devant une bouche d’égouts qui dégageait une sinistre fumée blanche . José regarda les trois personnages et pointa du doigt l’orifice semblant mener droit aux enfers .

-C’est ici, les mecs . Ce taré vit la dedans . Dans les égouts .

Dick le remercia et lui donna cinquante dollars pour l’information . José prit l’argent et quitta ces lieux effrayants sans demander son reste, laissant les trois compagnons devant la bouche infernale . Ce fut Victor qui se décida à déplacer la bouche métallique, pesant son poids, certes, mais qui ne posa pas trop de problèmes à Vic .

-Merde ! Ca pue là dedans ! Fit Victor en reculant . Vous êtes sûr que vous voulez y aller ?

Dick acquiesça d’un hochement de tête . Il sortit de sa poche un masque vert qu’il se fixa sur les yeux puis retira son manteau, qui laissa place à un pull noir moulant et à un pantalon militaire . Sans un mot, il descendit le long de l’échelle au barres de métal rouillées qui plongeaient au cœur des égouts de la ville . A contre cœur, Victor le suivit en se bouchant le nez puis ce fut au tour de Garfield de descendre .

Garfield s’était toujours demandé d’où lui étaient venus ses pouvoirs mutants . Ses parents étaient ils différents des autres ? Son père ou sa mère étaient-ils verts ? Étaient-ils capables de faire des choses extraordinaires ? Toujours cette multitude de questions sans réponses . Interroger la directrice n’aurait servit à rien . Cette vieille folle ne lui aurait rien dit de toute façon . Mais il fallait qu’il sache . Et pour qu’il sache, il devait partir . Mais comment s’enfuir de cette pièce sans fenêtres depuis déjà trois mois ? Il aurait fallu qu’il soit tout petit, extrêmement petit, minuscule même, pour avoir une chance de s’enfuir . La nuit, il avait rêvé qu’il était une fourmi et qu’il s’était faufilé sous la porte qui le gardait prisonnier . Il avait longé les couloirs puis était revenu à sa chambre avant de se réveiller . Ce rêve lui avait semblé tellement réel, tellement effrayant aussi .

Éclairés par la lumière de la lampe torche de Dick, les trois compagnons avançaient dans un tunnel assez large parcourut par un filet d’eau usée . Derrière Garfield, Victor n’arrêtait pas de pester contre l’odeur et contre Dick qui continuait à avancer sans écouter les remarques de l’ancien joueur de football américain . Comment était-ce possible que quelqu’un se terre dans ces lieux ? Non, Jonathan ne pouvait être ici .

-Nom de Dieu . C’est quoi ce machin ?

Devant Dick, un squelette humain barrait le passage . Il devait être là depuis pas mal de temps, vu son état de décomposition plutôt avancé . Victor tourna de l’œil tandis que Garfield fermait les yeux . Dick poussa le cadavre pour dégager la voie et pour pouvoir poursuivre son chemin . Cette fois-ci, le groupe se tenait sur ses gardes . Ce Jonathan n’avait pas l’air très net comme gars et il se pouvait qu’il soit dangereux et qu’il tente d’agresser l’un d’entre eux .

La nuit venue, Garfield s’était glissé dans ses draps et s’était endormi rapidement . Son sommeil fut peuplé, cette nuit là, d’étranges couloirs aux murs jaunes et gris . Garfield avait l’impression d’être minuscule ou c’étaient les couloirs qui étaient immenses . Un étrange rêve en vérité . Oui, bien étrange et si réel . Ce fut un horrible mal de crâne qui le réveilla . Il lui fallu cinq bonnes minutes pour recouvrir ses esprit et s’apercevoir qu’il ne se trouvait pas dans sa chambre . Oh non, l’endroit où il était n’avait rien a voir avec sa prison . Ici, aucun mur pour l’empêcher de s’enfuir, aucune barrière pour le stopper . Autour de lui, un océan d’épis de blé qui se mouvaient sous l’impulsion de la brise fraîche et nocturne . Garfield inspira une bonne bouffée d’oxygène qui caressa chaque alvéole de ses poumons . Au dessus de lui, le ciel était magnifique . Pas l’ombre d’un nuage et des étoiles par milliers . Tout cet espace, c’était trop beau pour être vrai . Il avait réussi, il était libre à présent ! Oui, libre ! Parfaitement libre ! Peu importait la façon dont il s’était échappé, il était maintenant dans la nature, dans un champ de blé, sous un ciel étoilé ! Le jeune mutant poussa un hurlement de joie et se mit à courir comme un gamin, à en perdre haleine, criant sa joie, ce bonheur retrouvé, le plaisir d’être libre .

Dick éteignit sa torche et fit signe à ses compagnons de se taire . Après un quart d’heure de marche dans les tunnels malodorants des égouts de San Francisco, une lumière jaunâtre avait éclairé le bout du tunnel . Dick avança en longeant la paroi, tous ses sens aux aguets . La santé mentale du mutant était peut être douteuse et des mesures de précautions étaient à prendre . Si les choses tournaient mal, Garfield repartirait avec eux . Le bout du tunnel donnait lieu à un bassin d’eau usée . D’autres canalisations déversaient leurs déchets dans ce même bassin, qui donnait à un second bassin plus vaste puis à une large canalisation qui fonçait tout droit vers les entrailles de la terre .

Un raclement métallique se fit soudainement entendre . Dick aperçut une forme humaine se mouvoir dans l’ombre et emprunter l’un des canaux de canalisation . Sans réfléchir, Dick s’élança à sa poursuite, Garfield et Victor à sa suite . L’ombre était rapide, trop rapide . Dick avait beau courir vite, l’écart se creusait de plus en plus . Les carrefours se succédaient et les chemins sinueux partait en tout sens . Le fuyard semblait connaître ce maudit labyrinthe par cœur . Les canaux se croisaient maintenant en tout sens tandis que Dick commençait à s’épuiser dans cette course folle . L’ombre finit par disparaître de son champ de vision après plus de vingt minutes d’une course effrénée . Dick reprit son souffle en quelques secondes et passa une main dans ses cheveux . L’ombre, qui devait être Jonathan, lui avait échappé . Pourquoi ce type avait fuis quand il avait vu Dick ? Soudain, un cri perça le silence glacial et résonna contre les conduits de canalisation . Dick reconnut la voix de Victor . Que lui était-il arrivé ? Il s’élança dans la direction du cri avec la seule conviction de sauver son ami .

-Par ici !

Victor avait sûrement trouvé une piste . Il se repéra grâce à la voix du colosse et déboucha sur un nouvelle galerie . Dick crut apercevoir une forme bouger prêt du mur et avança prudemment dans sa direction .

-Victor ? Fit-il, méfiant .

Mais personne ne répondit et sa question resta en suspend . La forme qu’il avait crut voir s’était évaporée tel un fantôme . Avait-il rêvé ? Alors qu’il s’était retourné, Dick sentit quelque chose approcher . Il fit front immédiatement . Un homme d’une maigreur effrayante, vêtu de haillons, les bras ballants, d’une taille qui ferrait pâlir un joueur de NBA lui faisait face . De longs cheveux châtains cachaient son visage sale . Oui, cet homme était des plus effrayant . Dick eut soudain peur de ce monstre, cet être cauchemardesque et hideux, tout droit sorti d’un film d’horreur . Un inquiétant sourire se forma sur le visage diabolique de la créature qui se mit à rire, un rire grotesque, burlesque, ironique, comme une triste moquerie, dissimulant très mal une horreur sans nom .

-Jo … Jonathan . Commença Dick, timidement, une boule dans la gorge . On ne vous veut aucun mal on …
-Tais-toi, humain ! Répondit la créature infernale de sa voix cassée et pétrifiante . Rendez-moi Garfield ! Il n’a rien à faire avec les bas humanoïdes que vous êtes . Vous ne méritez pas de vivre, humains, seuls les mutants sont les élus .

Jonathan avança avec lenteur, avec le même sourire tordu et allongea ses bras difforme dotés de mains gigantesques . Malgré sa maigreur, la chose était musclée . Dick tenta de parlementer en essayant de garder son sang froid :

-Écoutez Jonathan …

Mais le monstre mutant le fit taire en l’attrapant à la gorge . Ses ongles jaunis égratignèrent la peau de l’adolescent dont le rythme cardiaque avait sensiblement augmenté . La peur . Ce monstre adorait ça . Il s’en délectait . De sa voix cassée, il murmura :

-Jonathan est mort … Ne m’appelle plus par ce nom que mon humaine de mère m’a donnée . Je suis l’Épouvantail !

En plus d’être monstrueux, le mutant était schizophrène . Décidément, Dick était atteint de la pire des malchances . L’étreinte de l’épouvantail se resserrait petit à petit autour de sa gorge . Il allait mourir étranglé sans pouvoir rien tenter . La peur le paralysait et lui interdisait tout mouvement . L’épouvantail plongea ses yeux rouges où l’on pouvait lire toute la noirceur de son âme dans, ceux de Dick . Oui, il allait le tuer .

-Laisse le tranquille, Jonathan .

L’épouvantail se retourna, ce qui permit à Dick de se soustraire de son étreinte . Son sauveur était Garfield Logan, ce jeune adolescent de quatorze ans et qui faisait maintenant face à un Jonathan Crane des plus terrifiants . C’est alors que Dick s’interrogea sur le sort de Victor, qu’il avait entendu crier . Qu’est ce que l’épouvantail lui avait fait ? Sa force l’avait-il aidé ? Mais pour l’heure, c’était Garfield qui était en danger .

Garfield se rappelait le jour où il avait rencontré Jonathan . Malgré son extrême laideur, le mutant vert avait sympathisé avec lui et celui-ci l’avait adopté dans le groupe . A l’époque, il croyait encore en la paix entre les hommes et les mutants . Mais l’annonce du président avait tout bouleversé . S’étaient enchaînées divers agressions et la sinistre attaque où bon nombre de ses compagnons avaient perdu la vie . En trois jours, Jonathan avait sombré dans la folie furieuse .

-Je t’en pris, Jonathan, arrête tout ça . Ces gens sont mes amis et je ne reviendrait pas avec toi . Je vais resté avec eux . Il faut que tu l’acceptes .

L’épouvantail grogna et répondit de sa voix cassée à l’ironie effrayante :

-Garfield … Ces sales humains doivent être tous exterminés jusqu’au dernier des derniers, et tu le sais . Il n’y a pas d’autres alternatives possibles . Fais le bon choix et rejoint ton frère mutant . Rejoint moi Changelin !
-Ne me force pas à t’affronter, Jonathan .

L’épouvantail rit à gorge déployée de ce même rire sinistre aux consonances diaboliques .

-Tu ne sais même pas user de tes pouvoirs ! Changelin, je vais tuer tes deux amis et tu ne m’en empêchera pas !

Il sortit une lame de ses haillons et attrapa Dick qui ne put fuir à temps . Il la passa sous la gorge du jeune homme qui se débattait comme un fou furieux, donnant des coups puissants qui ne firent même pas vaciller le géant . La lame rouillée commença à entailler la peau de l’adolescent qui se braqua . Garfield ne pouvait pas laisser faire ça . Il ferma les yeux et pensa de toute ses forces à un moyen d’arrêter ça . Il fallait qu’il trouve ou Dick était perdu . Des gouttes de sueur perlèrent sur son front sous les rires moqueurs de l’épouvantail . Garfield serra les poings de rage et serra les dents à s’en briser la mâchoire .

-Lâche le ! Hurla t-il, tandis que débutait sa transformation .

Garfield tenta de contrôler sa métamorphose mais c’était difficile et si éprouvant . Apparu alors dans sa tête les formes de l’animal dont il commençait à prendre la forme, celle d’un énorme ours polaire . Oui, Garfield était en train de réussir . Il savait qu’il allait réussir . Il devait réussir . Dans un rugissement, il se jeta sur l’épouvantail qui lâcha son arme . La mêlée fut sanglante et le combat fut de courte durée et ce fut Garfield qui en sortit vainqueur, du sang sur les pattes avants, trempant son museau . L’épouvantail était mort . Garfield retrouva sa forme initiale et, sans un regard pour la dépouille de son ancien ami, rejoignit Dick sur la chemin de la sortie . Ils retrouvèrent Victor quelques mètres plus loin, qui venait de se réveiller après avoir été assommé avec une rare violence par le monstre . Il n’était pas blessé, fort heureusement . Après avoir retrouvé leur chemin dans le labyrinthe sinueux des égouts, les trois amis émergèrent en plein Chinatown . Ils le leur restaient plus qu’à retourner à Bayview . Garfield au fond de lui sentit un poids disparaître et un léger sourire apparut sur son visage . Il avait vaincu sa peur et savait qu’à présent, tout allait être différent . Il avait de vrais amis à ses côtés qui n’avaient pas hésités à l’aider sans rien demander en retour . Oui, il disposait d’amis en or .





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