Urban Comics
  Episode 3 : Humanité robotique (1)
 
Couverture : Rirox
Histoire : Ben Wawe
Date de parution : Décembre 2004


Vendredi soir, 23h. Jim et John venaient de dévaliser une banque. Ils étaient partis en courant après avoir tirés sur un vieux gardien qui avait voulu les arrêter. Depuis, ils n’avaient parcourus que quelques mètres, mais dans New York, c’est énorme. Les deux criminels avaient vécus tout le temps ici. Cette banque, ils rêvaient de la braquer depuis qu’ils savaient marcher. Fils de voleurs ratés, les deux jeunes hommes avaient été placés à l’orphelinat puis à la Prison des Jeunes, institution unique au monde se trouvant juste dans Manhattan. Les brimades, les abus sexuels et les privations expliquaient bien sûr le vol. Mais pas le meurtre.

Jim et John avaient peur. Extrêmement peur. Depuis quelques temps, un être rôdait dans New York. Une chose, qui poursuivait et arrêtait les criminels. Et « ça » faisait prisonnier dans sa toile n’importe qui faisait un crime. Le milieu commençait à le surnommer Spider Man. Bien sûr, les grands boss faisaient comme si de rien n’était. Spider Man ? Il fallait que les hommes arrêtent d’aller au ciné. Néanmoins, la méfiance s’installa et le milieu prit de plus en plus de précautions. Précautions que Jim et John ne connaissaient pas. Après avoir courus 15 minutes, les deux jumeaux de 21 ans se collèrent au mur pour pouvoir respirer et se calmer.

« Putain…pourquoi t’as tiré, Jim ?
- Il le fallait…huf…il allait appeler les flics…huf…
- C’était…huf…qu’un vieux !!!
- Et…huf…alors ?
- Putain là…huf…on va être accusés…huf…de meurtres !
- Si la…huf… police nous trouve.
- C’est pas…huf… d’elle dont j’ai peur…
- T’as peur du…huf… gus en collant ?
- On sait pas si…huf…il a des collants…et ouais j’ai peur de lui…
- Quel crétin ! Dire que t’es mon frère ! Tu me fais honte !
- C’est pas lui le crétin. Et il n’y pas de honte à avoir raison…
- Qui ?
- Tiens, tu fais plus huf ? Dommage ! T’aurais pu t’entraîner pour le concours annuel du chien le plus crétin de l’année !!! »

Soudain de la toile vint se mettre sur les armes des 2 hommes. Stupéfaits, ils ne virent pas une ombre descendre du mur au-dessus d’eux et les mettre KO d’un coup dans le ventre et dans les dents. La police retrouva Jim et John dans une toile, contre le mur, plusieurs mètres au-dessus du sol.


Vendredi, minuit. Cassie était une jeune femme de 23 ans. Etudiante en droit, une brillante carrière d’avocate lui était promit. Elle avait toujours voulu défendre les faibles contre les riches, et bientôt elle pourrait le faire. Mais cela allait sûrement changer, pensa-t-elle. Elle rentrait chez elle après une soirée entre filles quand une bande de six loubards skin Head qui l’avaient vus, attendus et attrapés l’avaient jeté contre un mur, Cassie pensa de suite qu’elle allait se faire violer. Elle pleura et leur supplia de ne rien faire. Cela ne fit qu’attiser leur envie. Après qu’ils lui aient violemment arrachés ses vêtements, le chef, un dénommé Adolf, allait passer à l’acte quand un mince filet de toile vint se loger dans ses yeux. Surprit et désorienté, l’homme essaya de se l’enlever tellement fort qu’il s’arracha un œil. Ses amis et Cassie étaient stupéfaits. Soudain, un être sombre sauta du toit et atterrit sur les skins. Deux d’entre eux furent mis KO de suite, car l’ombre était tombé sur eux. Les trois autres sortirent des petits couteaux, prêts à en découdre. Cassie ne voyait pas bien la scène, essayant de se rhabiller pour fuir et chercher de l’aide pour son sauveur. La jeune femme ne le voyait toujours pas, d’ailleurs.
L’homme arrêta en pleine course un couteau qu’un des hommes avaient lancé. Surprit, celui-ci ne vit pas venir le coup de pied renversé qui lui était destiné. Les deux autres tentèrent de le « saigner » à deux, mais l’être sombre prit appui sur leurs têtes pour sauter en l’air et les éviter. Se réceptionnant derrière eux, il leur fit un balayage, puis ses pieds rencontrèrent leurs têtes.

Juste à ce moment-là, Cassie se releva, sommairement habillée. Elle se jeta dans les bras de l’inconnu.

« Oh, merci, merci beaucoup, monsieur…
- Euh, c’est mon devoir, mademoiselle.
- Mais qui êtes-vous ?
- Moi ? Votre fidèle serviteur Spider Man ! Je dois y aller, j’espère ne plus vous revoir ainsi ! »

La jeune femme put alors enfin voir comment était son sauveur. Spider Man portait un justaucorps noir, avec une ceinture métallique. Il portait un pull bleu à capuche déchiré de façon à ce qu’il n’y ait pas de manches, et avec une araignée dessinée au marqueur noir sur le devant de l’habit. Il avait aussi deux petites sacoches, une à chaque pied. Le jeune homme portait un masque noir, avec deux grandes tâches blanches pour les yeux. Cassie fut impressionnée par le corps musclé et l’assurance qu’avait son sauveur. Elle commença même à être séduite par lui, trouvant son côté rassurant et fort extrêmement excitant. Mais avant qu’elle n’essaye de l’embrasser, il tissa une toile vers un immeuble et s’élança dans les airs, laissant la jeune femme courir vers chez elle et vouer un véritable culte à Spider Man.

Le lendemain matin, à Forrest Hill, dans la banlieue de New York, Fanny Viel descendit en trombe les escaliers menant à sa chambre. Elle mit rapidement ses chaussures, mangea un toast et partit rapidement de la maison sous l’œil désapprobateur de son père.

« C’est pas possible elle va tomber malade comme ça…et tout ça pour rien…
- Tu sais bien que c’est plus important que tout…j’étais comme ça aussi…
- Ah ouais ?
- Oui, quand tu étais encore romantique, jeune et beau ! »

La mère de Fanny tourna les talons et retourna dans sa cuisine, laissant son mari très surprit de l’attitude de sa femme. Fanny, quand à elle, courut vers la rue où l’attendait Ben Reilly, son petit copain et accessoirement Spider Man. Elle se jeta dans ses bras et ils s’embrassèrent de longs instants, profitant de chaque moment.

« Bonjour, toi.
- Bonjour.
- Tu vas bien ?
- Oui et toi ?
- Très bien ! Tu as l’air fatigué...
- Euh oui j’ai passé une mauvaise nuit…
- Encore tes cauchemars ?
- Oui…mais t’en fais pas, ça ira !
- Je t’aime, Ben.
- Je t’aime aussi, Fanny. »

Ben prit la main de la jeune fille et tous les deux marchèrent vers leur bus. L’événement qui les avait rapprochés il y avait de cela une semaine avait été un flash pour eux. Ils s’aimaient depuis toujours. Fanny avait eu tellement peur de le perdre, qu’ils ne se quittaient plus.

La jeune femme avait néanmoins quelques inquiétudes à propos de Ben. Le fait que aucun membre de l’équipe médicale qui devait l’avoir opéré ne se souvienne de quelque chose l’inquiétait. De plus, ce mystérieux éclair, décrit par Ben et les médecins, pouvait avoir des conséquences sur le jeune Reilly. Mais il avait passé beaucoup d’examens, et il n’y avait rien d’inquiétant selon les meilleurs médecins de New York. Cela rassurait un peu les proches de Ben, mais pas totalement.

Les deux jeunes gens arrivèrent alors au lycée Midtown. Le bâtiment était un grand rectangle gris et ocre. Il avait été construit il y a plus de 40 ans, et le rénover et le repeindre n’aurait pas été de trop. Hélas, la mairie ne s’intéressait plus trop à l’éducation des jeunes, et donc les adolescents devaient parfois suivre leurs cours dans des locaux presque insalubres.
Quand Ben et Fanny sortirent du bus, ils furent de suite assaillis par leurs amis, c'est-à-dire Barry, Michael et Max, Mathilde étant malade, ses dents de sagesse la faisant souffrir.

« Alors, ça va les tourtereaux ? On roucoule ?
- Jaloux, Michael ?
- Nan, nan…
- Tout le monde te croit, mon cher Raziel !
- Et pis Fanny, c’est pas mon genre… »

Soudain, un homme se plaça doucement près du petit groupe, de façon à bien les entendre et à ne pas être vu. Il se rapprocha de plus en plus, se dégageant de l’ombre de l’arbre qui le cachait avant.

« Tu la préférerais un peu plus jaune et bridée ? Et aussi un peu plus pauvre, nan ? De toutes façons, faudra que tu payes pour en avoir une, crétin !
- Craig Harrison…le pire débile que je connaisse ! Au fait, tu sais ce que c’est, un débile ? T’as pas ton dico-pour-sportifs-sans-cerveaux avec toi ?
- Là, t’es allé trop loin ! »

Craig, grand jeune homme blond de 19 ans, lança son poing de footballeur américain vers le pauvre Michael, adolescent aux cheveux bruns de taille moyenne. Ben, qui avait « senti » à l’arrière de son crâne qu’il y allait avoir un « truc » de ce genre, jeta en avant ses deux mains et intercepta la main de Craig. Surprit, celui-ci ne vit pas venir l’uppercut du jeune Reilly. Le « caïd » du lycée, et anciennement bourreau de l’amoureux de Fanny, tomba à terre dans l’herbe, quelques dents en moins.

Tous les élèves du lycée regardèrent étonnés celui qui venait de mettre KO le chouchou des filles. Même les amis de Ben se demandaient si ils ne rêvaient pas. Comment Ben, ce gars qui était nul en sport et qui se faisait presque toujours tabassé par les autres qui l’embêtaient, venait de mettre dans les pommes l’homme le plus fort du lycée Fanny serra fort la main de son amoureux.

« Chéri, comment t’as fait ça ?
- Euh comme ça je m’entraîne parfois à améliorer mes réflexes…
- Wow, merci mon pote ! Sans toi, mon nez serait aussi plat que la Terre pour ce gars !
- Ben de rien, Michael. Bon, j’dois y aller j’ai un cours de sciences… »

Ben fit un bisou sur la bouche d’une Fanny très, très surprise et courut pour ne pas être en retard. En fait, le jeune homme enrageait d’avoir montré ses pouvoirs aux autres. Il comptait le dire dans peu de temps à Fanny, mais il ne voulait pas que les autres sachent. Pourquoi ? Parce que cela pourrait être dangereux pour eux de savoir.

Le jeune homme passa toute la journée en cours, son emploi du temps n’étant pas le même que Fanny (ils avaient pris des options différentes). A la fin de la journée, il l’attendit devant le lycée. Dès qu’elle le vit, elle courut vers Ben et lui fit pleins de baisers.

« Mon chéri ! Tu m’as manqué.
- Mais toi aussi, ma belle. Ça a été ta journée ?
- Horrible, mais c’est passé, et je suis avec toi. Et toi ?
- Oui et non…rentrons, j’ai des choses à te dire… »

Fanny, surprise de l’attitude du jeune homme, marcha à côté de lui, sa main dans la sienne. Au bout de quelques mètres, Ben prit son courage à deux mains et commença à parler.

« Chérie, tu connais Spider Man, n’est ce pas ?
- Oui, bien sûr. C’est lui qui m’a sauvé.
- Oui…et bien en fait il faut que je t’avoue quelque chose…
- Quoi, mon amour ?
- Et bien… »

Soudain, alors que les deux adolescents passaient devant un grand immeuble, une alarme sonna. Ben et Fanny regardèrent vers les plus hauts étages, d’où semblait provenir le bruit. Le jeune homme sentit alors son crâne le titiller, signe de problèmes à venir. D’un coup il poussa Fanny à terre, et quelques secondes après une horde de robots humanoïdes blancs, à peine terminés, sortirent de l’immeuble. En quelques instants, ils se disparurent.

« Ben, comment tu fais ça ? Déjà ce matin, tu mets KO Craig alors qu’il te transformait en punching-ball avant…
- Euh je sais pas…l’instinct…bon, je vais aller voir si ils n’ont pas besoin d’aide…tu rentres chez toi, d’accord ?
- Non ! Reste avec moi, je t’en supplie !
- Y a peut être des gens blessés…je viens chez toi dès que c’est fini, ok ?
- Promis ?
- Promis. Je t’aime, Fanny.
- Je t’aime, Ben. Prends garde à toi ! »

Le jeune homme embrassa alors Fanny. Il courut ensuite vers l’immeuble, emportant avec lui son sac pendant que sa chérie rentrait chez elle en vitesse. C’était la cohue, des gens criaient et sortaient en courant, hurlant des choses incompréhensibles. Ben rentra ensuite dans les toilettes, où il ouvrit le double fond de son sac à dos. A l’intérieur, se trouvait le costume de Spider Man.
L’adolescent se changea en vitesse. Il avait créé son costume grâce à un vieux justaucorps de son père, qui fit une brève carrière de danseur étoile. Le pull où était son emblème avait été acheté aux puces, mais le masque fut le plus dur à faire. Les yeux étaient faits dans une matière étrange, qu’il avait trouvé dans son lycée lors d’une visite nocturne. De dehors, elle était blanche, alors qu’on voyait parfaitement de l’autre côté. Cela permettait à Ben de voir sans être vu. Il avait mis également des petites sacoches à ses pieds pour stocker ses affaires les plus personnelles : montre, argent, papiers, etc. le costume comprenait aussi une ceinture en métal avec une lumière de vélo dans la boucle.

Après son changement, Spider Man monta jusqu’au 10e étage, lieu où avait retentit l’alarme. Quelques étages semblaient avoir été des zones de massacres, car il y avait beaucoup de corps partout. Les murs avaient explosé et l’escalier était difficile parfois. Là, plusieurs cadavres jonchaient le sol. Le labo avait été saccagé, des sortes de prisons avaient été ouvertes avec violence. Ben, d’abord surprit devant l’ampleur de la destruction, se rapprocha d’un vieil homme qui semblait encore respirer. Le scientifique encore vivant était allongé sur ce qui restait d’un gros ordinateur. L’avatar du Dieu Araignée releva doucement la tête du blessé pour lui parler.

« Monsieur ? Monsieur ?
- Nan arrête Adam…tu ne sais pas ce que tu fais…euh vous n’êtes pas Adam !
- Non, je suis Spider Man. Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Spider Man ? Du film ? Ah nan celui qui sauve les gens…je croyais que c’était une blague…mais vous semblez réel…peut-être pourrez-vous m’aider…
- Que s’est-il passé ?
- Je m’appelle Smythe…mon équipe et moi, nous travaillions sur l’intelligence artificielle…des centaines de robots avaient été créés pour une firme qui voulait en faire des assistants ménagers, mais aucun n’étaient comme l’homme, c'est-à-dire assez intelligents pour s’occuper d’une maison…jusqu’à Adam…
- Adam ?
- Oui, notre dernier espoir…après la création de Adam, nous n’allions plus avoir de ressources. L’entreprise était lasse de nos échecs, et elle ne voulait que des profits. C’était notre dernière chance. Les résultats furent au-delà de toutes nos espérances…il était un homme dans le corps d’une machine…mais nous avons vu qu’il commençait à vouloir vivre sa vie…j’ai donc décidé de le détruire…mais il avait prévu cela, et a prit le contrôle des autres robots…les autres chercheurs furent tous tués…il m’a laissé en vie pour me montrer comment il allait vivre parmi les siens…
- Il va donc vivre avec des robots ? Il va se cacher ?
- Non ! Vous n’avez pas compris ! Adam veut vivre parmi des robots comme lui. Il a le savoir pour les créer. Mais il sait que l’Humanité ne le laissera pas faire ! Il veut nous détruire, et par ma faute, il va y arriver !
- Quoi ? Ohé ? Ca va ? Monsieur ? »

Le vieil homme tomba dans l’inconscience, laissant un Spider Man déboussolé.




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